Le cahier « Cézallier Ceux d’en Haut » vient de paraitre

Le 4 Juillet dernier à l’occasion de la sortie du Cahier 19 des Amis du Vieil Allanche, Etienne Barthélémy a tenu une conférence sur le volcanisme complexe du Cézallier devant une assistance venue nombreuse.

L’intervenant a entrainé l’auditoire dans la passionnante histoire géologique de la terre avant de recentrer son propos sur le Massif central – soulignant l’immense travail de terrain et de recherche des géologues  Alain de Goer de Hervé, Pierre Nehlig et Hubert Bril – puis en faisant focus sur l’appareil volcanique du Cézallier positionné entre le stratovolcan du Cantal et la chaine du Sancy . Etienne Barthélemy a alors mis en valeur les lieux volcaniques emblématiques de ces 500 Km2 évoquant la Cuze de St Anastasie, la cascade des Veyrines, les Huides,  Le Luguet, le Chamaroux, le Grachou, le maar d’explosion du Chauvet, le chaos de Landeyrat, les lacs de la Godivelle… sans oublier le Pavin qui fut actif il y a 6700 ans.

Les amis du Vieil Allanche ont présenté le samedi 4 juillet 2026 à Allanche, leur Cahier N°19 « Cézallier Ceux d’en Haut « , suivi de la traditionnelle séance de dédicace en présence d’un public nombreux.

 

Dédié à ceux d’en haut, le nouveau Cahier des AVA s’ouvre sur une étude de Jean Marc Moriceau proposant un tour des montagnes françaises pour saisir les échos, les correspondances, la vie concrète des paysans et leur ressenti direct dans une comparaison constante avec la Haute Auvergne.

François Cassingéna-Trévédy s’interroge, est-il un cantalien tellurique ou un Cantalou ? Après réflexion, Il est les deux. Une fusion qu’il évoque dans son dernière ouvrage Paysan de Dieu couronné par le Grand prix Moron de l’Académie Française.

Le 139ème régiment d’infanterie du Cantal sera fortement engagé dans la grande Guerre où s’y perdra beaucoup de sa jeunesse. Philippe Glaize nous conte l’histoire tragique de cette unité.

A vingt ans, Jean Crouzy, soldat de la Révolution, découvrit l’armée, la guerre, l’Italie où il gagna son sabre d’officier. Revenu dans le Cantal il y fut nommé capitaine de la Garde Nationale et Maire de la commune de Ségur.

Jean-Charles Daumy s’est intéressé à la puissante famille de La Rochefoucauld et à leurs possessions en Cézallier au 18ème siècle. Il souligne l’action de ce noble lignage pour la création et l’entretien des voies de circulation, leurs recherches sur « le mal des montagnes » et leur stimulation de l’activité économique favorisée par l’extraction minière.

David Vinatier explore les origines allanchoises de la famille Gallimard. Une quête qui s’inscrit dans les siècles avant que se distingue Gaston Gallimard, figure majeure de l’édition française et père de la mythique collection Blanche.

Selon Pierre Kaiser, ceux qui ont pu croiser ou doubler le train routier de la famille Fournier s’en sont longtemps souvenu. Ce moyen de transport  n’eut pas d’équivalent dans le commerce de ces marchands de toile venus de Lozère qui firent souche à Allanche.

Il ne doit plus se trouver de nos jours beaucoup d’habitants du Cézallier, à part Josette Alliot, pour vous indiquer où se trouve l’aérodrome de Chavagnac ! Pourtant, Antoine Pissavy y fit ses armes et devint un aviateur confirmé, un militaire de haut rang et un capitaine d’industrie.

Jean Bernard Béland explore l’histoire millénaire du cimetière d’Allanche, lieu de vies passées, placé au cœur du bourg, tout près de l’église, avant que des impératifs de salubrité publique et démographiques conduisent les autorités à décider de son transfert hors les murs. Richement documentée sur les aspects de la symbolique funéraire cette étude précise l’évolution des conditions d’inhumations au cours des siècles.

En juin 2025, plusieurs membres de la famille de Colette Florentin, enfant juive cachée à Allanche durant la dernière guerre sont venus sur les lieux pour comprendre l’histoire de leur mère et grand-mère et celle de Jacqueline Estève, leur tante mais aussi celles de Danielle, André … autres enfants qui furent protégés par les Justes parmi les nations, Sœurs de l’école Saint-Joseph.

Anna Traube, d’origine juive, arrêtée en 1942 réussit l’incroyable, s’évader du Veld’hiv. Cet acte d’une audace inouïe où la chance ne jouât qu’un petit rôle lui valut d’être à l’origine du film « La Rafle » en 2010. Jean Bernard Beland rapporte qu’après-guerre Anna Traube exerça la profession de dentiste à Allanche de 1948 à 1952.

Crédits Photos © Jean Paul Rickelin, Anna Bobillo , Yves Aufauvre et Jean-Bernard Belland